dimanche 23 février 2014

Scientisme et empirisme (suite) : la continuité entre philosophie et science

Optical microscope nikon alphaphot +
Nous avons abordé dans le dernier billet le projet de l'empirisme logique, qui est un projet scientiste. L'idée est que toutes nos affirmations, que ce soient des jugements moraux, esthétiques, ou bien des affirmations métaphysiques, doivent pouvoir se ramener d'une manière ou d'une autre à des affirmations scientifiquement vérifiables, associées à des observations directes -- dans le cas contraire, ce sont des affirmations dénuées de sens. Les seuls affirmations qui échappent à cette réduction sont purement syntaxiques : ce sont les affirmations de la logique et des mathématiques, mais ces affirmation ne parlent pas vraiment du monde, elles ne concernent que la forme de notre langage.

Nous avons vu un premier type de raisons de penser que ce projet ne peut pas aboutir, qui est qu'il ne peut exister de base solide, purement observable, pour réduire l'ensemble du langage. Une distinction stricte entre langage d'observation et langage théorique est douteuse, et l'idée que toute connaissance se ramène à des données sensibles est un mythe.

Mais il existe un deuxième type de difficultés pour les thèses de l'empirisme logique, liées à la vérification. C'est ce que nous allons voir aujourd'hui.

dimanche 9 février 2014

Scientisme et empirisme

La science permettra-t-elle un jour de répondre à toutes nos questions ?

Pas seulement les questions purement matérielles, portant sur tel ou tel phénomène particulier, mais aussi toutes nos questions métaphysiques, morales, esthétiques, tout ce qui relève du domaine de l'humain : l'existence de Dieu, le meilleur système politique possible, la valeur d'une œuvre d'art, le sens de l'existence, etc. Est-ce que toute forme de connaissance pourrait, en principe, être scientifique (c'est à dire systématique, objective et expérimentale) ?

Ou bien plus généralement, est-ce qu'une connaissance n'a de valeur que si elle est scientifique, le reste pouvant être assimilé à de la "poésie", c'est à dire à quelque chose qui peut avoir un intérêt émotionnel pour telle ou telle personne, mais qui n'a aucun intérêt vis-à-vis de la vérité ?

Universum

On qualifie généralement ceux qui répondent par l'affirmative à ces questions de "scientistes", et c'est aujourd'hui un terme plutôt péjoratif. Sous certains aspects, certaines "vedettes" de la blogosphère américaines, et notamment des militants athées comme Richard Dawkins, Sam Harris ou Jerry Coyne, peuvent être qualifiés de scientistes quand ils prétendent par exemple que la science réfute l'existence de Dieu, celle du libre arbitre, ou encore que les questions morales peuvent se réduire à des questions scientifiques.

Mais la plupart des philosophes rejettent le scientisme. Dans cet article, on va essayer de comprendre pourquoi.

mardi 4 février 2014

A quoi sert la philosophie des sciences ?

Avant de véritablement entreprendre un travail de vulgarisation de la philosophie des sciences, peut-être convient-il de situer cette branche de la philosophie. Et également de la justifier : la philosophie des sciences est-elle utile ?